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Accueil > Environnement > Où sera construit l’incinérateur de l’Aube ?

Déchets : l’analyse du rapport de l’enquête publique (3e partie)

Où sera construit l’incinérateur de l’Aube ?

Décidé en catimini par nos élus, le projet d’un incinérateur vient d’obtenir l’avis favorable du commissaire-enquêteur, au terme d’une « enquête » critiquable sous bien des aspects. Après avoir vu la dimension démocratique et la question de la capacité de l’incinérateur, ce rapport d’enquête évoque un sujet explosif : l’emplacement de ce futur monstre à déchets.

Officiellement rien n’est décidé. Mais force est d’admettre qu’ici règne la plus grande des hypocrisies. Qui peut en effet croire que pour une installation de cette taille, dont les impacts environnementaux sont si grands, nos élus n’aient pas la moindre petite idée sur l’emplacement ? Personne. Mais on peut facilement comprendre que, le trouillomètre à zéro devant la réaction prévisible des habitants concernés, nos édiles repoussent le plus loin possible l’annonce de l’heureux élu.

Nous disposons néanmoins de plusieurs indices qui permettent de sortir des non-dits et de prévoir l’endroit où sera construit ce monstre. Nous savons ainsi, au travers de cette enquête, que l’incinérateur doit être à proximité du principal lieu de production de déchets et du principal lieu de consommation d’énergie. C’est évidemment autour de Troyes que devra être installé ce four.
Nous savons également que la Charte du PNRFO, lors de son renouvellement, a été modifiée à la hussarde pour permettre, drôle de coïncidence, d’implanter un incinérateur. A l’époque, la main sur le coeur, les autorités avaient d’ailleurs juré, au grand Dieu, qu’aucun projet n’était dans les cartons... Mon oeil ! Il était évident qu’une telle modification de la Charte d’un Parc Naturel n’avait rien du hasard et qu’il s’agissait déjà d’anticiper le futur site de l’incinérateur. L’entêtement de nos élus à nier la réalité révélait alors le mépris que ceux-ci peuvent avoir à l’égard de l’intelligence de leurs électeurs.

Mais revenons à nos moutons. En recoupant ces éléments, il n’est finalement pas difficile de comprendre que notre monstre sera construit, grosso-modo, dans ou à proximité immédiate de l’Agglomération Troyenne ; peut-être à l’Est, quelque part entre Creney, Thennelières et Montaulin. Mon p’tit doigt me dit d’ailleurs que ces deux dernières communes tiennent la corde, même si, évidemment, les arbitrages seront difficiles.

Toujours est-il que l’emplacement de l’incinérateur est une question cruciale, non seulement pour les riverains, mais aussi pour la faune et la flore locale.
A ce titre, le commissaire-enquêteur a plusieurs fois montré son inquiétude sur l’impact environnemental d’un incinérateur, notamment en ce qui concerne les zones Natura2000. Il n’a pu obtenir la moindre réponse des autorités qui, évidemment, ont expliqué qu’aucun site n’était pour l’instant déterminé. Qu’importe... Plus loin, notre commissaire-enquêteur en remet une couche « L’implantation d’une unité de valorisation énergétique à proximité de l’agglomération troyenne [...] va engendrer de nouveaux impacts sur l’environnement local. Le bruit, diverses nuisances, de la consommation d’espaces et autres seront mis en exergue par l’étude d’impact du projet éventuel d’implantation » [1]. Et de regretter qu’il n’y ait, sur ces impacts, aucune étude de faite. Dommage car quelques pages avant, notre fin limier, évoquant une étude administrative, pointait du doigt la pollution engendrée par ce four à ordures « ... selon le rapport, l’incinération contribue à la pollution de l’air, au changement climatique et aux risques toxiques pour la santé humaine de façon importante  » [2].

Comme on ne fait pas d’omelettes sans casser d’oeufs, on ne peut guère envisager la construction d’une telle usine qui brûlera chaque jour environ 160 tonnes d’ordures !

Car même si de réels progrès ont été réalisés dans la combustion de ces déchets, le principe de Lavoisier demeure incontestable « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme  ». Dit autrement, pour reprendre les données du site de la CNIDD, pour une tonne de déchets brûlés, ce sont 6 000 m3 de fumées qui sont produites, 300 kg de machefers et 40 à 80 kg de résidus d’épuration des fumées (sans parler des effluents liquides et autres joyeusetés).

Multipliez ces chiffres par 160 et vous obtiendrez la quantité de saloperies que viendra produire cet incinérateur, chaque jour que le doux Jésus fera !

Déchets brûlés 1 tonne 160 tonnes
Fumées 6 000 m3 960 000 m3
Machefers 300 kg 48 000 kg
Résidus d’épuration 40 à 80 kg 6 400 à 12 800 kg

Je laisse à chacun le soin d’apprécier le bonheur qui sera celui des riverains choisis pour voir s’implanter ce monstre de feu et d’acier.

Notes

[1Rapport d’Enquête Publique p.35

[2Rapport d’Enquête d’Utilité Publique p.33

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Mis à jour le samedi 5 décembre 2015