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5 bonnes raisons pour oublier l’incinérateur

Le dernier rapport du SDEDA confirme l’absurdité du projet d’incinérateur. J’en retiens 5 motifs. 5 raisons que les prochains élus devront intégrer pour voter ou refuser ce projet.

Les chiffres sont éloquents. En 7 ans, le volume des ordures ménagères résiduelles, celles concernées par l’incinération, a diminué de 12 %. Entre 2011 et 2012, ce sont 2050 tonnes de moins qui ont été collectées. Le volume de nos déchets baisse. Il baisse même continuellement et presque indépendamment de la qualité de notre tri. Car dans le même temps, la valorisation de nos poubelles est en quasi-stagnation. Les aubois sont pourtant loin d’être exemplaires en matière de tri. Autant dire qu’il reste une marge considérable pour réduire de manière significative la quantité de nos déchets résiduels.

Ces chiffres sont éloquents puisqu’ils s’inscrivent dans une tendance à la baisse de longue durée. Et cette tendance, compte tenu de la raréfaction relative de nombreuses matières premières, ne devrait pas s’arrêter avant de longues années. Envisager un incinérateur d’une capacité de 60 000 tonnes est donc ridicule à plusieurs titres.

Le volume des déchets baisse et baissera encore

Ridicule car à moyen terme (et même à court terme), notre volume de déchets sera insuffisant pour alimenter le four à poubelles. Si simplement, dans l’hypothèse la moins volontariste, nous prolongions la tendance actuelle, le tonnage nécessaire pour faire fonctionner ce barbecue ne serait plus suffisant d’ici 2033. A tout casser, l’incinérateur ne sera pas en service avant 2020. Cela lui laisse, en comptant large, une dizaine d’années de rentabilité optimale. Pas plus. Or, un tel investissement (plusieurs dizaines de millions d’euros) est prévu pour plus de 40 à 50 ans.

Ridicule ensuite pusqu’il suffit de quelques efforts en matière de méthanisation et de tri pour que cette dizaine d’années de rentabilité se réduise comme peau de chagrin. Selon le site consoglobe.com, les Français ne recyclent que 37% de leurs poubelles contre 62% en Allemagne. Dans l’Aube, c’est encore pire ! Ce volume ne représente environ que 25 % de nos ordures (26 000 tonnes). La marge de progression est donc importante. Ajoutez à cela, toujours selon le site consoglobe.com, le 1/3 de nos poubelles comme déchets putrescibles, ressources parfaites pour la méthanisation et vous avez un formidable gisement pour nous permettre de réduire les 88 000 tonnes de déchets résiduels.

PDF -
Le rapport du SDEDA

Ridicule également car autour de nous, d’autres incinérateurs existent [1]. Et ces incinérateurs connaissent ou connaîtront les mêmes difficultés d’approvisionnement. Celui de Chaumont est déjà en légère sur-capacité (3 000 tonnes). Celui de Reims l’est encore davantage. Prévu pour brûler 96 000 tonnes d’ordures par an, il n’en crame pas plus de 77 000. Même chose à Sens où il manque 6 000 tonnes par an pour faire fonctionner l’installation à plein régime. Seul l’incinérateur de Chalons en Champagne fonctionne aujourd’hui à pleine capacité. Mais pour combien de temps ? Rapidement, nous risquons de nous retrouver avec plusieurs installations en sur-capacité. A quoi bon en ajouter une de plus ?

L’économie circulaire condamnera l’incinération

Ridicule toujours car l’incinération, en brûlant tout et n’importe quoi, est un non-sens économique. Les quelques kwh produits par la combustion de nos ordures ne suffisent pas à faire de ce procédé un exemple d’efficacité économique. Loin de là... Pour l’essentiel, ces déchets sont composés d’éléments valorisables, soit par méthanisation, soit par recyclage. Avec le renchérissement des matières premières, il est a peu près certain que l’incinération sera une affaire de moins en moins rentable. Les industriels auront, dans les années à venir, tout intérêt, non seulement à récupérer cette matière première, mais aussi à réduire les emballages tout comme les consommateurs réduiront les gaspillages. L’économie circulaire qui se met lentement, mais progressivement en place, devra être, par la force des choses, sobre en matières premières donc sobre en production de déchets. Et naturellement, l’incinération, si elle doit avoir lieu, ne pourra être que marginal.

Ridicule enfin dans la mesure où notre département veut être à l’avant-garde de la méthanisation. C’est la biogaz Vallée portée par le département. Comment comprendre que ce projet industriel ambitieux ne puisse pas s’appuyer sur un syndicat des déchets qui lui préfère un bon vieux barbecue ? Il y a là une incohérence politique et potentiellement une occasion ratée de faire de l’Aube, le département pilote en matière de valorisation écologique des déchets.

Au final, on s’aperçoit que ce projet d’incinérateur illustre la myopie politique des responsables du SDEDA. A moyen et surtout à long terme, une telle installation n’a en effet rien de durable, ni du point de vue écologique, ni du point de vue économique. Or, gouverner, comme disait l’autre, c’est prévoir... C’est aussi anticiper, regarder plus loin que le bout de son nez.

Voir en ligne : Article original publié sur le site auboisementcorrect.com

Notes

[1La France est déjà le pays européen qui compte le plus d’incinérateurs

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Mis à jour le samedi 5 décembre 2015