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A quoi sert le Code de la Rue de Troyes ?

A rien serait-on tenté de répondre. Le document de 28 pages qu’a publié en mai dernier la Ville de Troyes n’a pas soulevé, c’est le moins que l’on puisse dire, l’enthousiasme délirant de la population.

Ce fameux code partait pourtant d’une bonne intention : apaiser les relations entre les différents usagers de la rue (piétions, cyclistes, automobilistes...). Il s’appuie sur un décret de 2008, lui-même inspiré par le code de la rue Belge. C’est ce décret qui, notamment, a posé le principe de prudence, créé les zones de rencontres et institué les double-sens cyclables. Le Code de la Rue, par le biais de cette brochure, a donc comme objectif de mieux partager l’espace et de promouvoir les transports doux.

Si le résultat n’est pas encore certain, force est de constater après déjà 4 mois d’existence que l’affaire semble bien mal engagée. Pour s’en convaincre il suffit de constater la très faible (pour ne pas dire inexistante) communication autour de ce document. Au delà d’un article dans la presse locale et d’une publication ordinaire dans le journal d’information de la ville, personne n’a vraiment entendu parler de ce code de la rue. Or, pour qu’il puisse servir à quelque chose, être efficace, justifier des mois de travail, il semble nécessaire que les principaux concernés, c’est à dire nous tous, soyons informés de l’existence de ce machin.

Code de bonne conduite ou Charte de l’écologie punitive ?

A cela, il faut ajouter, pour le rare article publié par la presse quotidienne sur ce sujet, la tragique manière d’interpréter l’esprit de ce Code de la Rue. Que retiennent les journalistes et les lecteurs ? Rien d’autre que les interdits et sanctions qui risquent de pleuvoir en averse sur les usagers de la rue. C’est l’écologie punitive dans sa pire démonstration, avec ses conflits entre piétons, cyclistes, automobilistes, et ses amendes à la pelle : 90 euros pour un vélo sur un trottoir, 38 euros pour des rollers sur un banc public et même 4 euros pour un affreux piéton marchant sur la chaussée ou faisant trempette dans un fontaine public !

Autant dire que si la municipalité avait un plan comm’ pour rendre « sexy » ce Code de la Rue, c’est raté et bien raté ! Et c’est encore plus raté lorsqu’on imagine combien de documents seront effectivement lus. Avec un peu de bol, une dizaine par des gamins désœuvrés qui tueront le temps ainsi... [1]. C’est, hélas, le sort de ce genre de publication à travers laquelle des élus se font plaisir, s’agitent les bras et les neurones pour boucher des trous en en creusant d’autres. Cet activisme a certes permis de produire un guide plutôt bien fait, clair et agréable, mais un guide terni par la longue litanie des interdits et surtout un guide que personne ou presque ne lira.

Les mots et les faits

A tout cela, il faut également ajouter les faits. Ceux que nous constatons chaque jours et qui viennent contredire les belles intentions. Passons sur les fontaines pour lesquelles ce Code nous rappelle qu’elles ne sont pas des pédiluves. Par la grâce d’un été pourri, cette interdiction aura été respectée ! Regardons du côté des vélos. Rue Voltaire, la piste cyclable installée sur le trottoir est devenue un lieu de stationnement comme un autre pour des automobilistes indélicats. Rue Zola, on refait les pavés de telle sorte que les cyclistes n’auront d’autre choix que d’emprunter les trottoirs qui leurs sont interdits. Et ailleurs, il faut bien bien le reconnaître, les vélos sont le plus souvent considérés comme les emmerdeurs de la chaussée.

Ce Code de la Rue permet de comprendre que les bonnes intentions ne suffisent pas à faire les bonnes politiques. Pire, elles (les bonnes intentions) sont souvent le cache-sexe des mauvaises habitudes. Il s’agit donc d’abord de créer les conditions pour que la loi soit respectée. Par exemple en évitant d’installer des pistes cyclables sur les trottoirs ; en évitant également ces pavés mal fichus. Par ailleurs, s’il s’agissait de rendre plus lisibles les nouvelles réglementations, d’apaiser les relations entre les usagers, c’est sur le terrain qu’il fallait agir. C’est ce qu’ont fait d’autres municipalités qui, plutôt qu’un bel ouvrage en quadrichromie, ont installé des panneaux d’information clairs, positifs et concis, pour expliquer, aux endroits stratégiques, le sens de ce nouveau partage de la rue (cf. les photos ci-contre). Un exemple que notre ville pourrait suivre si elle veut rattraper le très mauvais départ de ce Code de la Rue.

Notes

[13 000 guides sont disponibles dans les Maisons de quartier, la mairie, la médiathèque. Mais combien seront pris ? Et combien seront lus ?

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Mis à jour le samedi 5 décembre 2015