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Elections départementales : La Gauche ne répond plus

Ecrasée, dispersée, annihilée, atomisée… les qualificatifs ne manquent pas pour décrire l’état de la Gauche dans le département de l’Aube et singulièrement dans l’agglomération Troyenne après ce premier tour des élections départementales.

Pas un seul candidat socialiste, communiste ou écolo ne parvient à se maintenir pour le 2e tour. Et pour boire le calice jusqu’à la lie, le seul candidat, à Gauche, qui pourra vraisemblablement sauver sa tête se nomme Marc Bret. Marc Bret, le félon socialiste. Marc Bret, l’homme honni des siens pour avoir rejoint François Baroin en 2008. Marc Bret, l’impur, le renégat qui, une fois encore, adresse un bras d’honneur cinglant à ses anciens camarades, tous écrabouillés par la marée bleue Marine. Marc Bret, l’homme que l’on ne nomme plus rue Gambey, demeure le seul à rassembler sur une étiquette de Gauche plus de 30 % des électeurs. L’adjoint de Troyes, qui indiscutablement garde le « coeur à Gauche », qui indiscutablement a montré ses compétences en matière de développement durable, sera demain le seul opposant à Philippe Adnot dans l’Assemblée Départementale. Pour les socialistes, c’est le calice, tout le calice, jusqu’à la lie...

Par de vieux réflexes pavloviens, le PS et le PC invoquent, en guise d’excuses, pour les uns la désunion de la Gauche, pour les autres les conséquences de la politique du gouvernement social-traitre. Ces explications à trois francs, six sous, résument la paresse intellectuelle de ces vieilles formations, incapables d’assumer leur propre responsabilité dans cette bérézina électorale.

Sans doute, cette élection a pris un caractère national bien plus net que les précédentes cantonales. Sans doute, s’agit-il, pour une bonne partie, d’un vote sanction, où l’étiquette politique a davantage compté que le profil des candidats ou le programme proposé. Mais cela ne suffit pas. Le Front de Gauche, pourtant clairement opposé au gouvernement socialiste, n’a nulle part profité de ce vote-sanction. Pire, ses candidats sortants, M.F Pautras à La Chapelle-Saint-Luc ou Joë Triché à Romilly sont très nettement écartés dès le premier tour. Ailleurs, même lorsque le binôme PCF représente toute la gauche, il ne rassemble pas plus de 13% des voix. Cette terrible claque confirme la mort clinique du PC aubois qui ne doit ses derniers élus qu’au bon vouloir d’un PS lui-même à bout de souffle. Les communistes ne se remettront pas de cette défaite. Car derrière la perte de ces deux conseillers généraux, ce sont aussi des moyens financiers et un enracinement ancien qui disparaissent à jamais. Localement, le Front de Gauche sait que les élections régionales seront du même tonneau. Il n’y a guère d’espoir, pour eux, de pouvoir sauver Pierre Mathieu dans le Waterloo qui s’annonce en Décembre prochain.

De son côté, le PS a sorti le boulier et refait les comptes. "Ah, si la Gauche avait-été unie... Ah, si les méchants candidats communistes, les affreux Divers Gauche s’étaient rangés derrière le panache rose...". Mais si ma tante en avait, elle s’appellerait "mon oncle" ! Dit autrement, il est plus facile d’accuser ses anciens alliés que de s’interroger sur ce le sens, le but, les moyens d’une union de la Gauche que plus rien ne rassemble. Et surtout, la politique n’a rien à voir avec l’arithmétique. Additionner des choux et des carottes ne donne pas nécessairement une bonne soupe. Concrètement, les 20% du binôme PS/EELV de Troyes 1 et les 8% du Front de Gauche n’auraient pas nécessairement fait 28%. Dans tous les cas, même si la Gauche avait été unie, la fessée n’aurait été que reportée d’une semaine. Seul le binôme PS de Sainte-Savine (Troyes2) aurait peut être pu sauver sa peau et arracher deux sièges à la faveur d’une triangulaire. Cette victoire, possible mais loin d’être certaine, aurait été sérieusement entachée par ces circonstances particulières. Car ces deux élus auraient dû leur place à la seule présence du FN au 2e tour.

Au PS, toujours au PS, on explique également que la nationalisation du scrutin a pesé dans le vote sanction. Olivier Girardin affirme ainsi dans les colonnes de l’Est-Eclair :« C’est une responsabilité importante car le PS, tout comme la droite d’ailleurs, a nationalisé cette élection, alors qu’il aurait fallu parler collèges, personnes âgées, handicap... ». Mais alors pourquoi diable n’en a-t-il rien dit à ses candidats ? Pourquoi a-t-il si bien caché cette bonne idée de faire une campagne locale avec des idées locales, des projets locaux sur des sujets locaux ? Car il vous suffit de jeter un oeil sur les professions de foi des impétrants socialistes pour constater le vide sidéral des projets proposés... Six malheureuses idées pour le binôme PS/EELV aussi vagues que creuses : « Internat de respiration, Maison de l’ESS, Vivre à la maison (sic)... » A peine plus pour le binôme socialiste de Troyes 2. Et surtout, pas un seul mot de ces candidats PS sur le projet d’incinérateur de plus de 50 millions. Oui, Olivier Girardin a raison : il aurait fallu parler des questions locales. Manifestement, les camarades de la rue Gambey n’écoutent plus beaucoup les conseils de leur Premier Secrétaire.

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Mis à jour le samedi 5 décembre 2015