Aller au contenu Aller au menu Aller à la recherche

Logo du site

Accueil > Politique > Faut-il être pour le vote des étrangers quand on est de Gauche ? (et (...)

Faut-il être pour le vote des étrangers quand on est de Gauche ? (et vice-versa...)

A l’heure où l’on reparle du droit de vote des étrangers, voici ce que j’écrivais en 2011, sur le site auboisementcorrect.

C’est ma semaine normande, ma semaine « p’ête ben qu’oui, p’tête ben qu’non. Ma semaine où j’hésite, je m’tate, je pèse le pour, le contre pour finalement décider de ne rien décider ! Enfin presque...

Ainsi, au moment où tout le monde s’écharpe sur le droit de vote des étrangers aux élections locales, j’avoue ma totale indécision. Comme Jean-Michel Apathie sur Canal+, je reconnais que la question chatouille difficilement mon cortex cérébral.

Rachid, Vincente ou Barbara ont le droit de donner leur avis sur la place d’un rond-point ou l’heure de sortie des écoles.

Mon coeur, normalement situé à Gauche, me dit “Oui”. Oui au droit de vote des étrangers. Oui, car mon coeur est comme çà : généreux, partageur et solidaire. Mon coeur me dit finalement que Rachid, Vincente ou Barbara, installés depuis plus longtemps que moi dans cette ville, ont sans doute légitimement le droit de donner leur avis sur la place d’un rond-point ou l’heure de sortie des écoles.
Mon coeur me dit que ce geste de générosité témoignerait, sans rien nous coûter, sans remettre en cause les fondements de la République, de notre envie de vivre ensemble.

Elle est vicieuse ma raison.

Mais il y a ma raison. Cette fichue raison située dans mon putain de cerveau droit et qui a la fâcheuse habitude de remettre en cause les bonnes intentions de mon coeur de gauchiste.

Ma raison me dit : « Ecoute les arguments de tes amis de Gauche et réfléchis...  ». Elle est vicieuse ma raison. Alors j’écoute. A Gauche, j’entends mes amis expliquer qu’il faut donner ce droit de vote car ces étrangers travaillent, payent des impôts et parlent notre langue. Et alors ? me dit ma raison. Depuis quand le travail permet-il de voter ? Les chômeurs, les glandeurs, les inactifs, les retraités... sont-ils moins citoyens que les bosseurs ? Depuis quand le paiement de l’impôt fait-il de vous un citoyen ? Est-ce le retour masqué du suffrage censitaire qui excluait, au XIX e siècle les plus pauvres du droit de vote ? Depuis quand le droit de vote se fonde-t-il sur la maîtrise de la langue ? Au début du XX e siècle, les corses, les bretons étaient-ils moins français parce qu’ils ne parlaient pas la langue d’oil ? Les maorés sont-ils aujourd’hui moins Français que les auvergnats ?

Elle fait chier, ma raison ! Car si mon coeur n’a pas tort, ma raison elle... a raison ! Raison de dire que ces arguments sont mauvais, très mauvais. Raison de dire que le droit de vote n’est ni une affaire de travail, d’impôts, d’intégration par la langue, le fric ou autre chose... Le droit de vote est liée, intimement, à la citoyenneté. On a le droit de vote car on est citoyen. Point barre !

Bien évidemment, mon petit coeur se rappelle des européens. Ne disposent-ils pas de ce droit de vote aux élections locales ? Oui, mais c’est justement parce que les bases d’une citoyenneté européenne ont été posées que les ressortissants de l’UE disposent de ce droit de vote dans tous les états membres.

Il suffirait alors de créer une citoyenneté mondiale ou de ré-inventer, comme dans la Grèce antique, une citoyenneté municipale ? J’en rêve... Mais notre petit pays ne peut décider seul de la première option. Et la seconde proposition se heurterait, me semble-t-il, au principe d’une République « une et indivisible ».

Comment réconcilier mon coeur de Gauche et ma raison de Droite ?

Comment réconcilier mon coeur qui dit « Oui » et ma raison qui dit « Non » ? Comment sortir du piège de cette polémique où il faudrait être « Pour » ce droit de vote lorsqu’on est de Gauche, et « Contre » lorsqu’on est de Droite ? Peut-être en écoutant ce que dit Jean-Pierre Chevènement... Le miraculé de la République dit sans doute beaucoup d’âneries. Mais peut-être a-t-il ici raison de s’abstenir dans le vote de la proposition de loi. Peut-être a-t-il raison de dire : « Il faut viser l’intégration et la naturalisation  ». Depuis dès années, la Droite a rendu plus compliqué et difficile l’acquisition de la nationalité française. Retrouvons l’esprit du droit du sol. Rendons les critères de naturalisation plus souples. Et remettons au goût du jour cette belle phrase de Louis X « le sol de France affranchit l’esclave qui le touche », pour permettre à tous les étrangers qui le souhaitent, de devenir au bout de quelques années, des citoyens français de plein droit.

P.-S.

A lire, la très bonne analyse de Laurent Bouvet, paru dans Le Figaro, où celui-ci démontre les effets pervers de cette proposition.

Répondre à cet article | Article au format PDF

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
  • Se connecter
Votre message
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

SPIP 3.0.20 [22255] | Squelette BeeSpip v.

Mis à jour le samedi 5 décembre 2015