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"Ici, l’herbe pousse naturellement" et autres considérations sur les espaces verts dans l’agglomération troyenne

« Ici, l’herbe pousse naturellement ». C’est ce qu’on peut lire sur de nombreux panneaux posés un peu partout par la ville de Troyes. Chacun appréciera cette lapalissade tragique qui en dit long sur des années et des années d’utilisation massive des produits chimiques. Qu’il faille maintenant indiquer les endroits où l’herbe pousse « naturellement » montre à quel point notre société marche sur la tête.

« Ici, l’herbe pousse naturellement ». Au delà de cette formule risible ou tragique, il y a la réalité et le bon chemin qu’emprunte la Ville de Troyes depuis plusieurs années. Peu à peu, les espaces verts, les parcs et les jardins se débarrassent de ces produits polluants. Alors, évidemment, les grognons de plus de 50 ans, élevés avec un biberon de round-up aux lèvres, pestent parfois contre les herbes folles qu’on peut voir réapparaître. Et alors ? Une mauvaise herbe est-elle plus dangereuse qu’un bidon d’atrazine ? A-t-on jamais vu un passant agressé par un méchant pissenlit ? Nous avons hélas pris l’habitude de vivre ainsi et de ne plus apprécier que des espaces stérilisés, bitumisés, bétonnisés où plus rien ne pousse sauf quelques panneaux publicitaires. Il faut d’autant plus saluer les efforts faits par la Ville et son service Environnement depuis déjà de longues années.

L’exemple le plus remarquable de cette politique se trouve au Parc des Moulins. La gestion différenciée des espaces, l’importance faite aux pratiques alternatives donnent à ces 20 hectares un caractère unique. Ceux qui ne jurent que par les grandes pelouses, les espaces tirés au cordeau et les massifs bien taillés en seront pour leur frais. Ici, on laisse, le plus possible, la nature faire ce qu’elle sait faire. Ici, le parc s’apprécie dans le temps, dans la durée, dans une certaine lenteur indispensable pour y découvrir la variété de ses trésors.

Plus globalement, on constate que ces pratiques écologiques gagnent plus facilement les grandes villes que les petites communes. C’est particulièrement vrai dans notre agglomération. Il est facile de comprendre que les changements nécessaires se font plus aisément au sein de services conséquents plutôt que dans un village où le poids des habitudes est encore fort. Cette situation conduit à un étrange paradoxe : le respect de l’environnement, dans le sens le plus strict du terme, est finalement plus fort en milieu urbain qu’en milieu péri-urbain ou semi-rural... Cette inégalité - car l’exposition plus ou moins forte à la pollution chimique en est une - devrait pousser nos élus du Grand Troyes à mutualiser la gestion des espaces verts afin que ces progrès profitent à tous. Hélas, force est de constater que le sujet n’est pas à l’ordre du jour de nos responsables politiques.

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Mis à jour le samedi 5 décembre 2015