Aller au contenu Aller au menu Aller à la recherche

Logo du site

Accueil > Produire > Energies > Il faut sauver le projet de Méthanisation de Rosières !

Il faut sauver le projet de Méthanisation de Rosières !

Dire que le développement durable est un long fleuve tranquille, une gentille balade consensuelle, serait mentir. La preuve avec le projet de méthanisation de Rosières qui connait toutes les peines du monde pour démontrer ses atouts.

Ainsi, lundi 13 février, la réunion d’information organisée à Rosières a montré la défiance des habitants de cette commune à l’égard d’un projet pourtant exemplaire.


L'Unité de Méthanisation en débat... par canal32-wizdeo

Le projet justement, de quoi s’agit-il ?

Ce site, porté par la SEM Energie et prévu à proximité du magasin Bricorama, repose sur 2 piliers :
- D’abord une chaufferie biomasse comme il en existe des milliers partout en France
- Ensuite, une unité de méthanisation chargée de transformer des matières premières essentiellement agricoles en gaz pour produire chaleur et électricité.

L’ensemble de ce projet répond à plusieurs objectifs à la fois économiques, sociaux et environnementaux :
- Objectif économique en valorisant des ressources locales et en assurant une plus grande sécurité énergétique à la SEM énergie (ces ressources locales issues de l’agriculture seront moins soumises aux fluctuations des marchés). Ce projet participe donc à la création de richesses locales.
- Objectif social en permettant, grâce la stabilisation des coûts de production et par les dispositifs issus du Grenelle de l’environnement, une réduction de la facture énergétique des particuliers. Ce projet permet donc de réduire la précarité énergétique pour tous ceux qui, aux Chartreux essentiellement, profitent actuellement du réseau de chauffage de la SEM.
- Objectif environnemental en permettant grâce à l’utilisation d’une matière première renouvelable une réduction très significative des émissions de gaz à effet de serre de la SEM Energie (-40%)

Clairement, nous sommes ici dans un exemple parfaitement abouti de ce qu’on nomme « développement durable ». D’autant plus que ce site utilisera des produits locaux ; pour la plupart des matières actuellement non-valorisées issus de l’agriculture ou de la restauration collective.

Alors, il est où le problème ?

Ce qui inquiète, ce qui fait peur, c’est la production, sur ce site, d’une grande quantité de gaz à travers l’unité de méthanisation. Ce qui inquiète ce sont les supposés impacts négatifs que cette unité et ce gaz pourraient avoir. A vrai dire, il y a ici derrière cela beaucoup d’ idées reçues, de peurs presque ancestrales, ancrées dans notre inconscient sur les déchets, leur fermentation et la dangerosité du gaz.

Commençons par nos déchets. Pour produire ce méthane, l’unité de Rosière aura besoin de matières fermentescibles. Ce sont ces fameux déchets agricoles ou déchets alimentaires. Acheminés sur le site, ces déchets produiront, à travers le procédé de méthanisation, un gaz qui sera immédiatement transformé en électricité et en chaleur. Évidemment, qui dit déchets, qui dit fermentation, dit odeurs... et mauvaises odeurs... C’est ce que craignent beaucoup de riverains. Cette crainte serait fondée si les déchets étaient stockés à l’air libre, si la fermentation était elle-même à l’air libre. Or, le procédé prévoit tout l’inverse. Les déchets seront confinés depuis le lieu d’approvisionnement jusqu’au site de Rosières. Dès leur arrivée, ils seront stockés dans un bâtiment hermétique, en dépression, pour éviter que ne s’échappe la moindre odeur. Évidemment, puisqu’il faudra bien renouveler l’air de ces bâtiments, ceux-ci seront équipés de filtres. Ceux-ci seront-ils suffisamment efficaces pour empêcher la diffusion d’un fumet malodorant ? C’est là la seule question qui vaille. Celle à laquelle la SEM doit apporter une réponse tangible et précise. Les chiffres, les rapports des experts, aussi précis soient-ils ne vaudront rien en face aux faits. Et ici, les faits passeront par une visite, in situ, d’une unité similaire en fonctionnement [1] et par la rencontre des riverains les plus proches.

Et le gaz, ça explose ?

L’explosion, c’est l’autre inquiétude majeure des riverains. On a d’ailleurs, lundi soir, frôlé le ridicule lorsqu’un intervenant à évoqué, le plus sérieusement du monde, une menace terroriste qui pourrait viser le site de Rosières !!! Imaginez... une cellule dormante d’Al Qaïda, un groupuscule, canal historique, du Front de Libération de la Champagne, fomenter un attentat contre l’usine de méthanisation de Rosières ! Imaginez ces pieds nickelés faire sauter la cuve à épluchures ou celle contenant les jus d’andouillettes !! Au pire, le calme du cimetière de Rosières, situé à proximité, serait bouleversé...

Un autre riverain, digne élève de l’école Troyenne du rire, a été jusqu’à réécrire le sketch de la chauve-souris de Bigard. Que se passerait-il si une panne électrique survenait ? Réponse : Le groupe électrogène prendrait le relais. Que se passerait-il si ce groupe électrogène tombait aussi en panne ? Réponse, le processus de méthanisation s’arrêterait lentement ? Que se passerait-il s’il ne s’arrêtait pas au rythme voulu ?... Et si la chauve-souris tapait les bons chiffres du digicode...

Avec la plus grande sérénité, les techniciens présents ont répondu à toutes ces questions, sans jamais sourire, sans jamais esquisser le moindre dédain, expliquant que dans la pire des hypothèses, celle où la chauve-souris trouverait le code, gravirait les 4 étages de l’immeuble, ouvrirait la porte et vous sauterait au cou... au pire du pire, l’explosion pourrait briser quelques vitres des véhicules passant sur la rocade. Pour un peu, les opposants en oublieraient que la bouteille de gaz du voisin, celle sous le barbecue, causerait sans doute bien plus de dégâts si elle venait à exploser...

Vive l’expertise citoyenne !

Bien évidemment, tout n’est pas rose. Toute nouvelle installation industrielle, même commerciale, engendre des risques potentiels supplémentaires. Celle-ci n’échappe pas à cette réalité. Souvenons-nous aussi que l’incendie de 1985 à Troyes s’est déclaré dans un simple magasin de vêtement. Les inquiétudes exprimées, même si elles peuvent sembler parfois excessives, n’en demeurent pas moins légitimes. Les oppositions doivent être écoutées et prises en compte avec la plus grande considération. Car l’expertise qui compte, celle qui aujourd’hui est essentielle, c’est l’expertise citoyenne. C’est pour cela, qu’avec les riverains, ce projet, s’il le faut, doit être clarifié, précisé, amendé... Surtout, la SEM doit apporter la preuve, par la confrontation avec des sites déjà existants, de l’absence d’impact pour les habitants côtoyant ce type d’installation.

Voir en ligne : http://www.auboisementcorrect.com/9...

Notes

[1Il en existe en Allemagne ou au Pays-Bas

Répondre à cet article | Article au format PDF

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
  • Se connecter
Votre message
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

SPIP 3.0.20 [22255] | Squelette BeeSpip v.

Mis à jour le samedi 5 décembre 2015