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Incinérateur de l’Aube : les prévisions "au doigt mouillé" des élus

Alors que la campagne des élections départementales débute timidement, le sujet brûlant de l’incinérateur n’est mentionné que par les seuls candidats écolos (notamment le binôme Beaulieu/Trumet dans le canton de Brienne). Pourtant, à observer de près les chiffres, tout porte à considérer ce projet parfaitement inutile.

Le projet de construction d’un incinérateur se base sur l’hypothèse d’un gisement d’ordures de 90 000 tonnes. Selon les promoteurs de ce barbecue, l’incinérateur du Grand Troyes serait conçu pour brûler 60 000 tonnes de déchets chaque année. Les 30 000 restantes seraient « traitées » dans des usines voisines.

Cette hypothèse qui fonde ce projet est fausse. Elle est d’abord fausse car elle ne prend pas en compte la baisse continue de la production des déchets dans notre département liée aux efforts de prévention des particuliers et des industriels. D’ors et déjà, avant même que l’incinérateur ne soit construit, nous ne produisons plus que 88 000 tonnes d’ordures résiduels. D’ici 2020, date théorique de mise en service de ce monstre, il y a fort à parier que ce chiffre sera encore bien plus faible.

Mais surtout, nos élus ont oublié une donnée fondamentale : celle de la mise en place de la redevance incitative. Partout en France, et l’Aube ne fait pas exception, les collectivités locales vont devoir généraliser ce principe de responsabilisation des habitants. Concrètement, une partie de ce que nous payons pour enlever et gérer nos déchets sera bientôt calculée en fonction de la quantité d’ordures que nous produisons. Il s’agira soit de peser nos poubelles (pesée-embarquée), soit de comptabiliser le nombre des levées de nos bacs (levée-embarquée). Evidemment, cette redevance incitative aura un impact sur la quantité globale de nos déchets.

Les expérimentations déjà faites en France permettent de mesurer cet impact. La diminution des déchets résiduels est significative. Elle varie entre -12 et -35%, et même parfois bien plus. Cela signifie qu’avant même la mise en service de notre incinérateur, la quantité de déchets produits devrait être comprise en 77 000 et 57 000 tonnes ! Dit autrement, en 2020, nous produirons tout juste assez de déchets pour nourrir ce monstre. Il n’est même pas impossible, si cette redevance incitative donne sa pleine efficacité, que l’incinérateur soit, dès sa mise en service, surdimensionné. Qu’en sera-t-il d’ici 10 ou 20 ans ? Je vous laisse l’imaginer. Il faudra alors prendre en charge le surcoût d’une installation inadaptée ou, pire encore, brûler des déchets recyclables...

De toute évidence, la non-prise en compte de la redevance incitative dans le dimensionnement de l’incinérateur montre la légèreté, pour ne pas dire l’incompétence avec laquelle nos élus ont décidé ce projet. Cet élément est pourtant fondamental. Car avec un gisement trop faible, la justification de l’incinérateur part en fumée.

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Mis à jour le samedi 5 décembre 2015