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L’écologie politique aux oubliettes

Les journées d’été des écologistes sont un moment propice pour porter un regard critique sur la dernière année de ce mouvement. Force est de constater que le bilan n’est pas bon. Il est même, disons-le, franchement mauvais que ce soit à l’échelle nationale ou locale.

En 2 ans de participation au gouvernement Ayrault, les Verts ont été politiquement laminés. Incapables d’influencer l’orientation de cette majorité, ils ont été contraints d’avaler leur chapeau sur nombre de dossiers sur lesquels ils étaient particulièrement attendus [1].

Le refus de participer au nouveau gouvernement mené par Valls, malgré des appels du pied pressant de ce dernier et des concessions inespérées, n’a rien arrangé.
Les Verts croyaient pourtant, dans une stratégie politicienne affligeante, profiter de l’impopularité des socialistes. Ils croyaient, c’était le pari de Cécile Duflot, pouvoir incarner une alternative au PS et, avec les élections européennes, refaire le coup de 2009. Le résultat est connu. Ils n’ont pas dépassé les 10% réalisant ainsi un score piteux, digne de ceux réalisés il y a 20 ans. Aux élections municipales, la sanction a été la même. Là où ils étaient avec le PS, ils se sont effondrés avec le PS. Là où ils se sont présentés seuls, mise à part Grenoble, ils ont à peine fait mieux qu’en 2008. La situation troyenne est à cet égard particulièrement éclairante. La liste à laquelle je participais a subit le même effondrement que toute la Gauche. Plus éloquent, la somme de ce que vaut chacun des partis politiques représentés (PS/PC/EELV) est, théoriquement, nettement supérieure au 17% réalisés. Dit autrement, et c’est sans doute une vraie leçon que je ne cesse de répéter, la pseudo stratégie de l’union de la Gauche est une erreur qui n’entraîne aucune dynamique mais, pire encore, conduit à amplifier l’effondrement. Je crois en effet dur comme fer que trois listes distinctes (PS, PC et EELV), accomplissant trois campagnes différentes auraient fait nettement mieux que les 17% obtenus (en tout cas, pas pire !).

Evidemment, chacun cherchera avec plaisir les causes de l’effondrement de l’écologie politique ici ou en France. Peu importe. Les causes d’hier ne seront pas transposables sur les élections de demain car le contexte sera, à coup sur, différent. Cela dit, une étude de l’IFOP montre bien les éléments qui, ici ou là, peuvent faire le succès des écologistes. Il y a d’abord l’effet « personnalité ». Bové dans le Sud-Ouest et surtout dans son fief rural a, peu ou prou, maintenu son score. Le succès des écologistes à Grenoble tient également à la personnalité de sa tête de liste. N’en déplaise à mes amis écologistes, prompts à couper les têtes qui dépassent, une personnalité forte, reconnue par son charisme et ses compétences, est en politique nécessaire pour donner une figure de chair et de sang a des idées souvent abstraites. Force est de constater qu’à Troyes, cette personnalité n’existe pas.
Autre élément essentiel : celui de l’enjeu local. Là où une question environnementale était présente (aéroport, incinérateur, ferme des 1000 vaches...), là où, surtout, les écologistes et les citoyens se sont mobilisés sur celle-ci, le score a souvent été nettement supérieur à la moyenne.

Encore faut-il que cet enjeu existe et que les écologistes locaux s’en emparent. « Mais ici, nous avons la centrale nucléaire et les poubelles nucléaires ! » me diront mes amis écolos... Certes, mais comme l’explique parfaitement cette étude, le nucléaire par les emplois qu’il génère, par les retombées économiques qu’il induit, fonctionne comme un repoussoir au vote « Vert ». Autrement dit, s’acharner autour du nucléaire, en faire l’alpha et l’oméga de son expression, comme c’est hélas souvent le cas dans l’Aube, conduit à perdre des voix ou, tout au moins, à être sur de ne pas en gagner [2].

Mais alors, que faut-il faire, ici, pour faire progresser l’écologie ? Vaste question... En tout cas, faire autrement que ce qui est actuellement fait. Concrètement, les écologistes officiels ne sont pas inaudibles (ce qui supposerait qu’ils s’expriment sans qu’on puisse les entendre), ils sont muets. Or, les enjeux environnementaux locaux, ceux qui peuvent montrer la nécessité du vote « Vert » existent. Il y a eu le projet de méthanisation de Rosières, enjeu sur lequel les écologistes auraient du exister. Il y a l’aberrante politique anti-vélo menée à Troyes et dans l’agglomération, il y a l’étalement urbain et son cortège assassin pour les terres agricoles ou le petit commerce, il y a le projet d’un incinérateur dans le Grand Troyes sur lequel le silence d’EELV est tragiquement assourdissant. Bref, il y a matière pour exister et proposer de nouvelles manières de concevoir la vie commune.

Notes

[1Citons dans le désordre le nucléaire en général, Fessenheim en particulier, l’aéroport de Nantes, la transition énergétique...

[2Evidemment, en écrivant cela, je précise que le nucléaire doit être évoqué, combattu pour ce qu’il représente et les dangers qu’il génère

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Mis à jour le samedi 5 décembre 2015