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L’étalement urbain se poursuit dans le Grand Troyes

L’INSEE vient de nous offrir les derniers chiffres de l’évolution démographiques locale. Le Grand Troyes poursuit une lente, très lente progression : +0,4 % en un an, soit 658 habitants de plus.

Cette légère augmentation, égale à celle du département, ne signifie pas grand chose. Mais en y regardant de plus près, en observant l’évolution des différentes communes, on peut comprendre que ces données confirment l’inquiétante poursuite de l’étalement urbain.

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Concrètement, ce sont les communes périphériques, celles de la 2e ou 3e couronne de l’agglomération qui profite de cette hausse démographique. Rosières, Bréviandes, Saint-Parres aux Tertres, Saint Léger, Moussey (dans une moindre mesure Verrières et Saint-Thibault), toutes ces communes ont pour point commun de se situer au delà de la rocade et de connaître une augmentation de leur population nettement supérieure au reste de l’agglomération. A l’inverse, Troyes, Saint-Julien, Sainte-Savine, Les Noës, communes historiques du Grand Troyes, subissent une baisse ou une stagnation de leur population. Bien sur, on trouvera quelques exceptions : L’Isle-Aumont (-0.5%) ou La Chapelle St Luc (+1.1%). Mais dans l’ensemble, le coeur de l’agglomération stagne quand sa périphérie la plus lointaine et la plus récente progresse.

Ce double mouvement se traduit physiquement et concrètement dans le paysage. L’invasion des lotissements, la progression rapide de l’habitat pavillonnaire ronge les terres agricoles et les espaces « naturels ». Les deux images satellites de la commune de Rosières en 2005 et 2012 illustrent parfaitement ce phénomène. Inutile de redire quelles sont les conséquences multiples de cette étalement urbain : artificialisation des sols, stérilisation de terres agricoles, accroissement des risques d’inondation, hausse des émissions de CO2 liée à l’utilisation accrue des automobiles... j’en passe et des biens pires !

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Rosières en 2005
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Rosières en 2012

Mais les problèmes ne s’arrêtent pas là. Ce processus qui réjouit des élus comme Thierry Blasco (maire de Bréviandes) porte en lui d’autres effets néfastes. Il modifie lentement mais profondément un équilibre économique et social constitutif de notre mode de vie. En dévitalisant le Centre de l’agglomération, il le prive non seulement de ses habitants, de ses commerces mais aussi d’une certaine forme de socialisation construite depuis de longues années. Il remplace cette proximité, cette vie commune (celle de la rue, du quartier, du petit commerce) par l’individualisme du pavillon et l’anonymat des grandes surfaces.

A cet égard, le télescopage de plusieurs articles récents n’a rien d’un hasard. En avril, on se réjouissait du succès du centre commercial Be Green de Saint Parres. En septembre, on saluait l’ouverture d’un hypermarché Leclerc à Rosières. Et en décembre, France 3 consacrait un sujet sur la crise du commerce du centre-ville troyen. Difficile de ne pas voir un lien direct entre la mort du centre-ville troyen et l’essor des grands centres-commerciaux. Difficile ne pas pas comprendre que l’étalement urbain nourrit ce processus.

Tout cela à donc d’évidentes répercussions sur nos comportements sociaux et politiques : l’individualisme et le repli progressent dans ces périphéries proches (et triomphent quelques kilomètres plus loin...). Electoralement, le FN y trouve le terrain le plus fertile qu’il puisse espérer : 36% à Rosières, 33% à Buchères contre 24% à Troyes et 23% à Sainte-Savine, lors du dernier scrutin européens. Là encore, difficile de ne pas comprendre la mécanique profonde qui nous emmène dans le mur. Difficile, enfin, lorsqu’on écoute nos élus sur ce sujet, heureux de ces évolutions démographiques, de ne pas penser à Bossuet : « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. ».

1 Message

  • L’étalement urbain se poursuit dans le Grand Troyes , par Nino
    Le 20 janvier 2015 à 18:45

    Je pense que le fait que tout soit de plus en plus payant et plus chère en centre ville et que les emplois soient aussi en périférie peut également expliquer en partie ce phénomène.

    Tant que l’achat d’un pavillon dans un lotissement tranquile sera le rêve de ce que peut être le bien être au quotidien, la pratique se développera.

    Le dernier point et non des moindre, d’ailleurs cité par nombre d’étrangers que j’ai pu cotoyé dans ma ville est l’accueuil tout particulier réservé aux clients des magasins et restaurants de la ville et qui peut se résumer en un mot tellement plaisant : "Suivant" !!!

    Si on vit tous chacun dans son pavillon c’est peut être que l’on a pas appris à vivre ensembles mais seulement à travailler la journée puis rentrer chez soi et parfois sortir avec des amis.

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Mis à jour le samedi 5 décembre 2015