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Le vélib troyen est parti pour dérailler !

On le croyait enterré et pourtant le revoilà, le vélib à l’andouillette 5A ! L’annonce a été faite lors du dernier conseil municipal de Troyes. Il s’agira d’un système plus simple, pour ne pas dire plus rudimentaire que ceux des autres villes. Et sans doute même d’un truc pour touristes qui n’aura rien à voir avec l’idée du Vélib...

On nous explique ainsi avoir réfléchi à un système plus adapté aux besoins de notre ville, de ses habitants (sic)... Une façon très « langue de bois » de nous dire qu’on a choisi un système de seconde zone : pas cher, lourd, peu attrayant et sans doute inefficace.

Un service restreint au "petit-troyes" et aux tarifs prohibitifs

La première critique concerne le périmètre de ce vélib. Manifestement, il n’est question de couvrir que la seule commune troyenne. D’ailleurs, ce sera TPA (Troyes Parc Auto) qui aura en charge la gestion de ce service. Inutile de dire que dans une agglomération comme la notre, où s’entremêlent les différentes communes sur quelques kilomètres carrés, et où la ville-centre ne représente qu’à peine la moitié de la population, la restriction de ce système à un si petit périmètre est tout simplement un non-sens.

Le prix également est quand à lui totalement prohibitif. On annonce, en Une de Chapi-Chapo, comme un titre de gloire, le tarif de 10€ la location d’un vélo à la journée ! Un prix démentiel lorsqu’on sait qu’un parcours à vélo ne dure que quelques dizaines de minutes, le temps nécessaire pour traverser l’agglomération. Un tarif totalement absurde comparé au prix d’un ticket de bus qui vous fera traverser l’agglo pour 1,30 euros ! Qui aura envie de dépenser 10 euros par jour, de se passer de sa voiture ou du bus pour se déplacer à vélo et se rendre sur son lieu de travail ? Sans doute personne. A titre de comparaison, le service vélopop d’Avignon vous permet, après vous avoir acquitté d’un forfait d’1 euro, d’utiliser un vélo gratuitement la 1er ½ heure et pour 1 euro pour chaque ½ heure supplémentaire. De quoi largement assurer vos déplacements quotidiens dans une agglomération comme la notre où ceux-ci ne dépassent jamais cette demi-heure.

Il faudra autant de temps pour louer votre vélo que pour l’utiliser !

Ce qui fait le succès des vélib ou des ses cousins, c’est d’être un libre-service, c’est à dire de pouvoir facilement et rapidement permettre d’emprunter et rendre un vélo. Quelques secondes suffisent, pourvu qu’on soit abonné, pour s’emparer d’un de ces deux roues. Ici, preuve que ce Vélib n’a rien d’un libre service, il faudra une éternité à chaque client pour emprunter le vélib troyen. Ainsi nous disent Chapi-Chapo : «  A Troyes, le client louera son deux-roues auprès d’un employé. Celui-ci lui fera signer un contrat de location, vérifiera avec lui l’état du vélo, encaissera la caution et le montant de la location. Au retour, si la machine a été abîmée, il conservera la caution remise par le client. ». C’est, à peu de chose près, le service que propose déjà TPA à ses abonnés ! Au final, et pour l’avoir moi-même testé, il faut 5 à 10 minutes pour pouvoir emprunter un vélo. On risque, autrement dit, de passer plus de temps à louer et rendre son vélo qu’à l’utiliser !!! Or, le succès de ce type de service provient de la capacité à rendre les déplacements plus souples et plus rapides qu’en bus ou en voiture. A quoi bon emprunter un vélo pour un trajet de 10 minutes s’il faut attendre son tour à la caisse, dire bonjour, remplir la paperasse à chaque location, faire l’état des lieux de l’engin, régler la caution, régler la location, attendre que l’employé ait répondu au téléphone, vérifier la pièce d’identité, faire pipi, détacher l’antivol, remercier monsieur ou madame, etc ?

Heureusement, le projet est habillé des oripeaux sociaux qui pourront rassurer la gauche. L’entretien des vélos sera, nous dit-on, assuré par une régie de quartier qui emploiera des personnes en difficulté ou handicapées. Celles-ci seront même formées par Cycleurope... Tant mieux. Mais si le projet, comme on peut le craindre, s’enlise et sombre cette jolie caution sociale ne servira pas à grand chose.

Et si le vélib troyen est plus modeste que son grand frère parisien, il nous propose en contre-partie des services supplémentaires. Lesquels ? Principalement un service de parking sécurisé, Place Langevin, pour les propriétaires de bicyclettes. Je vous laisse imaginer monsieur Martin, habitant avenue Pasteur, qui choisirait ce service. Chaque matin, pour emprunter son vélo, il devra donc traverser la ville, en voiture ou à pieds !

A défaut de grives on mange des merles

Contrairement à ce qu’affirme avec beaucoup d’indulgence le journaliste de Chapi-Chapo [1], toutes les raisons sont ici réunies pour que le vélib troyen déraille rapidement. On redira qu’un tel projet ne peut avoir, ici, de sens et d’existence qu’à l’échelle du Grand Troyes. Qu’un chapelain, un sancéen, un dryat ne puisse emprunter dans sa commune un de ces vélos pour se rendre à son travail fait perdre à ce projet l’essentiel de son intérêt. On redira aussi qu’une gestion communautaire du mobilier urbain aurait pu permettre au Grand Troyes denégocier auprès des entreprises concernées un vrai service de vélos en libre-service. On redira enfin, qu’à défaut d’un service type « Vélib », le Grand Troyes aurait pu se tourner vers l’offre Smoove Key. Pour 130 à 150 000 euros par an [2], le Grand Troyes pouvait s’offrir un système de libre service digne de ce nom et qui a fait ses preuves dans plusieurs agglomérations comparables à la notre : Valence ou Avignon.

En vérité, ce vélib n’a finalement rien d’un libre-service comme on peut en voir dans d’autres villes et qui constituerait un mode de déplacement quotidien (à 10 euros par jour, cela serait un peu cher !). Ici, il ne s’agit de rien d’autre que d’une boutique de location pour touristes. Rien d’autre.

Voir en ligne : http://www.auboisementcorrect.com/7...

Notes

[1D’ores et déjà, beaucoup considèrent que son succès est assuré, vu la qualité du projet présenté »

[2à titre de comparaison la dépense lié à la construction du pont de la Moline représentera 23 ans de ce service

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Mis à jour le samedi 5 décembre 2015