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Les 7 raisons pour lesquelles le vélib troyen fait un flop

En juillet dernier était inaugurée la Halle aux Vélos. 2 mois plus tard, la Halle a fait flop, même si personne n’ose encore l’avouer.

L’objectif était clairement affiché (cf la vidéo ci-dessou) puisqu’il s’agissait de permettre aux troyens, aux touristes, aux étudiants de disposer à des tarifs "modiques" d’un vélo pour les déplacements quotidiens et "désengorger le centre-ville"... La volonté semblait être de proposer une alternative au bus et à la voiture.


Troyes inaugure la Halle aux vélos ! par canal32-wizdeo

En septembre, le bilan est très mauvais. Pas plus de 2 vélos ont été loués chaque jour. Autrement dit, rien ou presque... Mais ce bilan était prévisible. Voici d’ailleurs ce que j’écrivais en juillet dernier pour expliquer pourquoi cette halle aux vélos ne pouvait pas fonctionner.

Les 7 raisons pour lesquelles le vélib troyen est tout, sauf un vélib... et ne marchera pas

Ça y est ! On l’a not’ vélib à nous ! Annoncé par Gérard Menuel avant les élections municipales de 2008, le carrosse s’est hélas transformé en citrouille. Et nos responsables sont tout juste parvenus à ré-inventer l’eau chaude (plutôt tiédasse ici), c’est à dire un magasin de location comme il en existe des charettes dans les zones touristiques.

Parce que le périmètre est restreint à la seule commune de Troyes.

Partout où des systèmes de ce type sont mis en place, ils s’inscrivent dans le cadre des agglomérations et permettent ainsi à l’habitant du centre d’aller travailler dans l’agglomération (et inversement).

Ici, si le Grand Troyes apportera une petite aide financière à ce projet, c’est bien le seul domaine (les pépètes) où l’agglomération sera dans la danse. Les utilisateurs ne pourront profiter de ce service que dans le tout petit périmètre de la commune centre. On ne pourra emprunter son vélo qu’à Troyes (Au rez-de-chaussée du parking Langevin) et ne le rendre qu’au même lieu. Il sera donc bien compliqué pour un chapelain d’aller travailler en vélo dans le centre-ville de Troyes.

Parce qu’il faudra remplir un tas de paperasse et attendre une plombe pour emprunter un vélo

Par définition, le vélib est un libre service et permet donc d’emprunter et rendre ponctuellement et rapidement un vélo. Une carte, un code, une clé, une borne, un clic : quelques secondes doivent suffire pour régler l’affaire. Les formalités administratives sont réduites au maximum pour permettre une utilisation rapide du vélo.

Dans le système troyen, chaque client potentiel devra remplir un contrat de location, fournir une pièce d’identité, une attestation de domicile, parfois un justificatif de sa situation particulière... Il devra aussi payer la location, régler une caution, dire bonjour, au revoir, merci... Bref, utiliser ces vélos troyens vous fera perdre du temps plutôt que d’en gagner.

Parce qu’il faudra emprunter son vélo à la journée !

Dans son concept, le VLS [1] permet une utilisation ponctuelle du vélo, juste le temps d’un trajet qui ne dure jamais plus de 30 minutes dans l’agglomération. Il s’agit donc de pouvoir louer son vélo quelques minutes, ½ heure. C’est ce qui se fait partout ailleurs où la location est souvent gratuite cette première ½ heure.

A Troyes, les vélos se loueront à la journée ou la 1/2 journée ! Sauf à être un touriste ou un sportif, un inconscient... rare sont ceux qui font du vélo à Troyes toute une journée. On prend son vélo, on roule quelques dizaines de minutes pour se rendre à son travail ou faire ses courses. Puis on revient. D’ailleurs, emprunte-t-on un bus toute une journée ?

Parce que la location vous coûtera un bras !

Les prix du vélib ou de ses cousins sont souvent très bas : une première ½ heure gratuite et 1 euro l’heure ou la ½ heure suivante. C’est souvent indispensable pour rendre le service attractif. Et ce tarif doit être comparé avec celui d’un ticket de bus qui, à Troyes, permet un trajet pour 1,30 euros.

Le vélib à l’andouillette aura des tarifs totalement démentiels. Loué à la demi-journée, votre vélo vous coûtera alors 4 ou 5 euros, soit presque 4 fois plus qu’un trajet en bus ! A la journée, les tarifs sont à peine moins chers que ceux proposé, en plein été, sur la très bourgeoise Île de Ré [2]. Quel troyen aura envie de mettre ce prix ?

Parce qu’on ne pourra emprunter un vélo qu’à un seul endroit

Les VLS s’empruntent sur des bornes réparties sur l’ensemble du territoire. C’est indispensable si l’on veut que le service soit rapide et souple.
En Avignon, il y a ainsi 18 stations au total. Elles permettent à chacun d’être relativement proche d’un vélo et de ne pas perdre de temps inutile pour retirer sa bicyclette.

A Troyes, il n’y aura qu’une seule et unique station située au parking Langevin. Autant dire que si vous n’habitez pas rue Louis Ulbach, vous risquez de passer davantage de temps pour vous rendre à cette station qu’à utiliser le vélo.

Parce que les horaires sont totalement inadaptés à des déplacements pendulaires

Pouvoir emprunter un vélo 24h/24, c’est l’idée de base d’un libre-service. Partout où ils ont été installé, ces systèmes sont donc automatisés. Chacun peut emprunter son vélo et le rendre à n’importe quelle heure de la journée.

Ici, la seule et unique station ne sera ouverte, l’été, que de 9h30 à 12h & 15h à 19h. Et l’hiver, ce ne sera pas mieux. Autrement dit, si vous travaillez à 8h00, ce service n’est pas pour vous. Si vous finissez à 18h00, vous ne pourrez pas rendre le vélo. C’est là, l’antithèse d’un libre service et la parfaite condition pour faire échouer cette expérimentation.

Parce qu’un Système VLS ne fait pas concurrence à un loueur privé

Le vélib est une alternative à la voiture, au bus mais pas une concurrence avec un loueur de vélo. Ainsi, les bicyclettes, pratiques pour de courts trajets urbains, ne sont souvent pas adaptés à un usage de loisir ou sportif. Ce domaine reste la compétence des loueurs professionnels.

A Troyes, le modèle proposé fait l’inverse. A 8 euros la journée, il ne représente aucune alternative à la voiture ou au bus. Il est par contre en concurrence direct avec celles et ceux qui déjà louent.

En conclusion, le vrai-faux vélib troyen ne fait que ré-inventer le fil à couper le beurre (ici, le magasin de location de vélos). Seule valeur ajoutée : la possibilité pour les particuliers de laisser leur vélo en gardiennage. Pour le reste, le système proposé n’a pas la moindre petite chance de concurrencer la voiture ou le bus et concentre même toutes conditions (prix prohibitifs, manque de souplesse, horaires inadaptés...) pour échouer. Nous sommes loin, très loin, des promesses faites en 2007 et pour lesquelles nous avions déjà de sérieux doutes.

Voir en ligne : http://www.auboisementcorrect.com/7...

Notes

[1Vélo en Libre Service

[2Il faut, du côté de la petite île de l’Atlantique, compter 9 à 12 euros la journée contre 8 à 9 euros à Troyes

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Mis à jour le samedi 5 décembre 2015