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Les Verts, c’est dans le pire qu’ils sont les meilleurs.

Au moment où Ségolène Royal vient d’annoncer son plan pour la transition énergétique, voici ce que j’écrivais en avril dernier sur les atermoiements des écologistes dans la majorité socialiste.

Un super ministère de l’écologie (environnement, énergie, transport, logement), une dose de proportionnelle pour les législatives, la réduction effective du nucléaire et même l’abandon de l’aéroport de Notre Dame des Landes. Voilà ce que proposait le méchant Manuel Valls aux écologistes. Mais Manuel est un méchant. Il n’a pas reçu le brevet de gauchitude nécessaire pour être aimé par les militants d’EELV. Du coup, ces derniers ont refusé ce cadeau inespéré pour faire avancer la transition écologique.

Et moi... et moi, je cherche à comprendre. Je cherche à comprendre comment les écolos ont avalé mille couleuvres depuis deux ans, sans jamais démissionner, sans vraiment faire avancer les dossiers essentiels (énergie, transport, climat, biodiversité...). Je cherche à comprendre pourquoi, après une telle indigestion colubridaesque, nos écolos ont subitement pris conscience que les socialistes adhéraient à l’écologie comme Poutine à la démocratie. Je cherche à comprendre comment on peut rester dans un gouvernement Ayrault qui vous prive des moyens d’agir et refuser d’entrer dans celui de Valls qui vous les donne enfin. En vérité, je comprends parfaitement. Je comprends que les écologistes sont retombés dans les travers de la politique politicienne et le discours du « plus à gauche que moi, tu meurs ». Nicolas Hulot le disait : «  Prononcez cinq fois le mot “Sarkozy“ dans un discours : vous provoquez l’orgasme des militants ». Aujourd’hui, vous remplacez Sarko par Valls et vous obtenez le même émoi stupide chez les groupies de Cécile Duflot. Qu’importe si, objectivement, le gouvernement Valls est sur le fond identique à celui que soutenaient les deux ministres EELV.

Et l’écologie ? Me direz-vous... La chose, hélas, est secondaire pour mes amis. Il s’agit avant tout d’essayer de se refaire la cerise sur l’impopularité des socialistes. Il s’agit de faire le meilleur score possible aux Européennes en abandonnant le navire à la dérive du gouvernement. Et après ? Après, les écolos se prendront une nouvelle gamelle aux présidentielles et iront mendier des sièges de députés au grand frère socialiste.

Pendant ce temps, le réchauffement s’accélère et ses effets s’annoncent plus dévastateurs que prévu. Les écolos ont perdu, par leur dogmatisme et leur gauchitude à deux balles, une occasion unique d’agir. Même politiquement, ils seront perdants. Car si Ségolène réussit sa mission, elle donnera la preuve de l’inutilité d’EELV. Si elle échoue, si l’écologie reste la variable d’ajustement qu’elle est depuis 2012, la faute en reviendra aux responsables EELV qui auront, par lâcheté politique, refusé ce ministère inespéré. Sans conteste, cet épisode nous confirme que c’est bien dans le pire que les écologistes sont les meilleurs.

P.-S.

Re-publication d’un article paru sur auboisementcorrect en avril dernier.

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Mis à jour le samedi 5 décembre 2015