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Méthanisation à Rosières : Vous prendrez-bien un peu de démocratie ?

Il y a quelques mois déjà, le projet d’une unité de méthanisation, du côte de Rosières, a essuyé un premier revers : l’avis défavorable au terme de l’enquête d’utilité publique. Personnellement favorable à ce projet, voici un point de vue sur les raisons qui ont conduit le commissaire-enquêteur à prononcer cet avis.

Le commissaire-enquêteur vient de rendre son rapport : Avis défavorable indique celui-ci. En cause, non pas le fond du projet mais bien la forme avec laquelle celui ci a été présenté aux habitants.

Sur le fond, le rapport juge le projet « pertinent » et « fiable ». Il précise même que : « l’impact sur l’environnement est compatible avec l’urbanisation limitée dans les rayons des 300 à 400 mètres  ». Le dossier, sur ses aspects techniques et industriels, paraît donc, aux yeux de ce commissaire-enquêteur, apporter toutes les garanties, notamment en ce qui concerne les odeurs [1] que craignent les riverains.

un manque flagrant d’information et de concertation préalable avec la population

L’avis défavorable repose donc exclusivement sur des aspects formels mais ô combien essentiels : ceux de la démocratie. Et le commissaire-enquêteur ne mâche pas ses mots. Pour étayer son avis, il souligne ainsi : «  un manque flagrant d’information et de concertation préalable avec la population ». La critique est sévère mais hélas juste. C’est d’ailleurs exactement ce que nous reprochions, il y a quelques semaines, dans l’article consacré à ce sujet : Faut-il avoir peur de la méthanisation.. Autant dire que Gérard Menuel a tort et fait une faute de considérer cela comme "secondaire" [2]

Répétons-le, puisque le commissaire enquêteur lui aussi a cru bon devoir le souligner, un tel projet ne peut voir le jour sans que les habitants (et pas seulement les riverains du site envisagé) n’y soient pleinement associés. L’époque où le pouvoir politique pouvait imposer, d’en haut, n’importe quelle infrastructure est révolue. L’époque où ce même pouvoir affichait l’arrogance de ses certitudes est également définitivement à oublier.

Ici pourtant, comme trop souvent, les responsables économiques et politiques ont pêché par orgueil. Ils pensaient encore pouvoir se dispenser de ces « contraintes démocratiques ». Se considérant mieux informés, plus compétents que la population pour apprécier l’intérêt du porjet, ils estimaient n’avoir pas de temps à perdre dans de vaines explications devant un public qui n’aurait pas ni les moyens de les apprécier pleinement ni les moyens de les comprendre...

Le temps de l’humilité des décideurs est peut être venue

Or, aujourd’hui, dans un pays instruit, où les moyens de s’informer sont à la portée de presque tous, le temps de l’humilité est peut être venue. Appelons cela « démocratie participative », « agora », « co-décision », « concertation »... peu importe le nom. L’idée est la même : la réussite de n’importe quel projet passe par la faculté à y associer tous les acteurs concernés et à faire en sorte que chacun d’entre-eux puisse y trouver un « gain » personnel sans que cela n’affecte les intérêts des autres partenaires. De tels processus, connus depuis longtemps chez les anglo-saxons sous le concept de « logique gagnant-gagnant », sont aujourd’hui les plus efficaces pour résoudre les conflits inhérents à toutes organisations sociales ou politiques. Force est de constater, au regard d’exemples récents (Soufflet et son usine de biocarburants, l’Andra et son site FAVL, Pont de la Moline...) qu’ils peinent à s’imposer dans notre département et même au delà...

On m’objectera, avec raison, que les opposants à cette unité de méthanisation sont uniquement animés par le bon vieux syndrome NIMBY [3]. C’est sans doute vrai. Mais cette attitude ne doit pas être écartée d’un revers de main sous le seul prétexte qu’elle serait guidée par des réflexes égoïstes. Cette position « Nimby » est à considérer comme une forme d’engagement comme une autre ; une manière parfaitement respectable d’entrer dans le débat public. Surtout, il n’existe aucune raison moralement valable pour que l’on puisse imposer à des riverains les nuisances insupportables qui pourraient provenir de cette usine [4].

Face à ces éléments, le commissaire-enquêteur a donc raison de souligner le manque flagrant de concertation. On peut même avoir la faiblesse de penser que la mobilisation contre ce projet n’est finalement rien d’autre que la conséquence logique et prévisible de l’attitude, un poil arrogante, des initiateurs du projet. A ce titre, la réaction de Gérard Menuel est lourde de significations...

Que faire pour sauver l’avenir de cette unité de méthanisation et plus largement le projet de « biogaz vallée » ? Remettre l’ouvrage sur le métier. Plus concrètement, faire ce qui n’a pas été fait en matière de concertation : Écouter, prendre en considération les attentes des riverains, apporter, si nécessaire, les éléments d’une information objective ; accepter les modifications qui pourraient permettre d’avancer... bref, faire preuve à la fois d’une réelle pédagogie et d’une volonté d’ouverture.

Voir en ligne : http://www.auboisementcorrect.com/8...

Notes

[1rappelons ici que le stockage des matières organiques se fera dans un milieu clos équipé de biofiltre

[2Libération Champagne 16 août

[3Not in my back Yard : pas au fond de mon jardin

[4Répétons encore que tout semble indiquer l’absence de nuisance pour les riverains si l’usine devait voir le jour

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Mis à jour le samedi 5 décembre 2015