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Ne cherchez plus : l’effondrement démocratique sent la dioxine...

L’implantation de l’incinérateur est, localement, un parfait exemple, de l’effondrement démocratique qui secoue notre vie politique. Pour le comprendre, il suffit de rappeler les grandes étapes de ce projet.

Début 2010

En pleine négociation sur le renouvellement de la Charte du Parc Naturel, les élus s’accordent sur un article protecteur. Rien de bien méchant. Il s’agit, comme cela se fait ailleurs, d’interdire, dans le périmètre du PNRFO, l’implantation d’un incinérateur et d’un centre de déchets nucléaires. Pour n’importe qui, c’est là le moins que l’on puisse faire pour protéger un espace naturel.

Juin 2010.

Et pourtant, après avoir été validée par le ministère, les uns et les autres découvrent dans cette charte, qu’un article, ce fameux article 49, a été purement et simplement ré-écrit sous la pression assumée de Nicolas Dhuicq ! Trahis, les élus locaux auraient pu réagir. Il n’en a rien été... Yves Fournier, au nom du Conseil Régional, a sauté trois fois sur sa chaise. Mais, sans doute blessé au fondement, il a aussi laissé faire. Quant aux écolos du Conseil Régional... silence-radio.

1er Juillet 2010.

La main sur le cœur, face à la polémique, Danièle Boeglin [1] déclare à propos de la venue d’un éventuel incinérateur : « Ce serait totalement impensable de proposer un tel projet dans le Parc ».

La sous-préfète de l’époque et quelques têtes pensantes expliquent également, avec le plus grand sérieux, qu’ils ne comprennent pas cette modification... D’ailleurs, disent-ils, cet article «  qui a toujours été polémique était vraisemblablement ce qui bloquait la signature du décret  ». Et d’ajouter, qu’il n’est, de toutes les façons, pas question d’implanter un incinérateur. Donc, si on comprend bien, l’article 49 a été réécrit à cause de la mention concernant l’interdiction d’un incinérateur ; incinérateur qui, de toutes les manières, n’est pas prévu !! Pourquoi alors cet article gênait-il autant ?

Reste à savoir s’il existe quelques benêts dans l’Aube pour croire que l’on puisse modifier cet article, pour permettre d’implanter un incinérateur, sans avoir, derrière la tête, l’idée d’implanter un incinérateur ?!

En tout cas, en juillet 2010, Danièle Boeglin et Chantal Guelot, tentent de nous faire avaler ce gros mensonge.

20 juillet 2010.

Quelques semaines seulement après ces déclarations émouvantes, on apprenait que les élus du Parc s’étaient rendus en visite à l’incinérateur de Chalons en Champagne.
Le gros mensonge de Mesdames Boeglin et Guélot devient alors une gigantesque imposture.

On découvrait également que cette visite avait été organisée par Véolia. Évidemment, cette information n’a jamais été publiée ailleurs que sur auboisementcorrect. Et jamais, aucun élu invité, n’a expliqué le pourquoi de cette visite. Mais comme dirait Danièle Boeglin à propos d’un incinérateur : «  C’est exclu d’office ». Tout laisse à penser que les élus du parc sont simplement des passionnés de barbecue voulant élargir leur violon d’Ingre...

Octobre 2012

Pendant près de 2 ans, l’incinérateur se fait oublier. Et le 16 octobre 2012, le SDEDA vote une délibération au contenu vague :

Le Comité Syndical propose à l’unanimité d’orienter les solutions de traitement des déchets ménagers et assimilés en privilégiant les actions de prévention ainsi que la valorisation matière et énergétique des déchets non dangereux, de traiter un gisement d’environ 60 000 tonnes de déchets ménagers et assimilés dans le périmètre départemental, à proximité du centre de production des déchets afin de limiter les coûts de transfert et d’externaliser le reste du gisement (environ 33 000 tonnes) vers des unités de valorisation énergétique de départements voisins.

2 jours plus tard, le 18 octobre, Danièle - et v’la que j’t’enfume - Boeglin, la même qui excluait la construction d’un incinérateur dans le parc, annonce fièrement le projet, sans toutefois en préciser le lieu. Autrement dit, derrière cette obscure délibération, une vingtaine d’élus ont voté un incinérateur ! Belle leçon de démocratie...

Décembre 2012

En décembre, le SDEDA confirme le projet. Là encore, c’est flou. Et quand c’est flou, disait Martine, c’est qu’il y a un loup. « Toutes les études menées depuis plusieurs années nous montrent que la solution est dans une usine de valorisation des déchets. », explique Danièle Boeglin. Histoire de laisser croire que la décision n’est pas prise, le SDEDA annonce une phase de concertation, mais cette concertation ne portera pas sur la pertinence d’un incinérateur, ni sur sa capacité (cf. la décision du 16 octobre), mais uniquement sur la transformation des déchets incinérés : « un réseau de chaleur ou produire de l’électricité ». Voilà la seule marge laissée à la discussion !!!!

On résume :
- un député qui fait modifier, en dépit des règles et pour on ne sait quelle raison un article de la charte du Parc ; modification permettant l’implantation d’un incinérateur.
- Des élus du Parc qui sont invités par une multinationale à visiter un incinérateur.
- Une présidente du SDEDA qui clame, au grand dieu, que jamais on ne construira d’incinérateur dans le Parc.
- Une sous-préfète qui ne sait pas vraiment pourquoi cet article 49 a été modifié.
- Un syndicat mixte, présidé par la sus-nommée Danièle Boeglin, qui discrètement vote un truc vague. Ce même truc, 2 jours plus tard prend la forme d’un incinérateur [2].
- Un syndicat mixte, toujours le même, qui lance une pseudo-concertation, non pas sur le bien fondé de l’incinérateur, ni sur sa capacité, mais sur la finalité des déchets qui seront cramés.

Faut-il nous prendre pour des crétins, pour nous faire croire qu’il s’agit là d’un processus démocratique ? Faut-il nous prendre pour des benêts pour nous faire gober l’idée que tout cela est transparent ? Faut-il que nous soyons si naïfs pour ne pas voir les gros mensonges et les petites impostures de ce dossier ?

Rappelons, pour finir, qu’aucun élu, dans aucune collectivité, n’a jamais voté, explicitement, le développement d’un incinérateur. Et pourtant, le projet est lancé... Ne cherchez plus l’effondrement morale de la politique dans l’exil fiscal en Suisse ou à Singapour : il est sous vos yeux, dans l’Aube, et sent bon la dioxine.

Voir en ligne : http://www.auboisementcorrect.com/1...

P.-S.

Première publication le 22 avril 2013

Notes

[1Conseillère Générale et présidente du SDEDA

[2Chapi-Chapo nous expliquait alors : « Concrètement, cela reviendrait à construire une usine de valorisation énergétique qui, après incinération des déchets, permettrait soit d’alimenter un réseau de chaleur, soit de produire de l’électricité. » : http://www.lest-eclair.fr/article/a-la-une/dechets-menagers-le-choix-dune-usine-de-valorisation-energetique

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Mis à jour le samedi 5 décembre 2015