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Pollution atmosphérique : Oui, nous pouvons agir !

C’est avec une honnêteté désarmante que les élus du Grand Troyes ont réagi à la pollution atmosphérique que vient de traverser notre agglomération : « Aucune mesure n’est prévue à Troyes  » résume Chapi-Chapo.

Au moins, c’est clair ! Au moins, cette courageuse position et l’article de notre journal bicéphale donnent la pleine dimension de l’intérêt que nos édiles portent à ces questions environnementales et sanitaires.

Grâce à nos glorieux responsables, l’immobilisme est en marche et rien ne pourra l’arrêter... [1]. Pas même une pollution qui, ici, comme ailleurs, a été particulièrement forte. Il y aurait pourtant beaucoup à dire et encore plus à faire dans ce domaine.

Une pollution chronique qui ne date pas d’hier

Dire d’abord que cette pollution n’est hélas pas une nouveauté ou un hasard de la météo. Non. J’y avais déjà consacré plusieurs articles, notamment en 2012 : Pollution : Le ciel aubois est-il en train de nous tomber sur la tête ?, mais aussi en 2013 : Diesel et pollution : la qualité de l’air à Troyes en question. Car au-delà de l’emballement médiatique, la pollution de l’air est un phénomène hélas récurrent. Rendez-vous compte qu’en 2013, nous avions dépassé 17 fois le seuil d’information et de recommandation et 2 fois le seuil d’alerte. En 2012, le SIR avait été dépassé à 25 reprises !

Dire ensuite qu’au-delà de ces événements spectaculaires, le danger réside dans le bain glauque que nous respirons chaque jour. Cette pollution diffuse, nous la goûtons quotidiennement. Et ses effets, à long terme, sont au moins aussi redoutables, sinon plus, que ces quelques 6 jours que nous venons de vivre.

Un objectif : développer toutes les alternatives à la voiture

Faire enfin, car faire et agir sont une nécessité. On ne peut pas se contenter de dire, comme l’explique Jean-Jacques Arnaud, qu’il existe une cartographie des zones polluées (la belle affaire...) ou, pire encore, qu’il faut « trouver d’autres sens de circulation, d’autres flux et d’autres trafics pour améliorer la qualité de l’air de notre agglomération ». Nous sommes loin, très loin du compte. Il faut agir et s’engager dans un mouvement de réduction de la circulation automobile. Non seulement c’est une question de santé publique et de protection de l’environnement, mais c’est aussi une manière, pour celles et ceux qui sont contraints de prendre leur voiture, de fluidifier la circulation et d’améliorer le stationnement. En somme, un tel objectif, s’il est bien mené, est profitable à tous : cyclistes, piétons, usagers des bus et automobilistes.

Faire mais que faire ? Déjà, ne pas donner la fessée, comme le propose le candidat de l’UMP, aux trop rares cyclistes parfois contraints de rouler sur les trottoirs. C’est ridicule, inapplicable et contre-productif. C’est surtout, en pleine période où l’on doit promouvoir les transports propres, un message catastrophique envoyé. Pour le reste, les choses sont évidemment complexes. Quitte à me répéter, j’en retiens 4 :

Quatre mesures pour changer nos modes de déplacement

- Développer un transport en commun plus moderne, fiable, régulier et rapide. Cela passe par deux mesures fortes : la mise en place d’un busway (système hybride entre le bus et le tram) et la création d’une ligne circulaire reliant les communes de l’agglo sans passer par le centre-ville troyen.
- Développer le vélo urbain. Dans ce domaine, une profonde évolution des esprits est à accomplir. Car-au delà des schémas directeurs ou des plans de déplacements, souvent des outils technocratiques peu utiles, il y a la réalité. Celle-ci est peu cohérente et souvent inadaptée à la pratique usuelle comme cette obsession de placer des pistes cyclables au milieu des piétons...
- Inciter au développement des véhicules électriques. Avec seulement 2 bornes publiques de recharge, ce type d’automobile est tout simplement interdit aux Troyens. Non seulement, la ville doit installer ces équipements, mais elle doit montrer l’exemple en s’équipant elle-même.
- Anticiper un nouvel urbanisme, plus sobre, plus dense et qui lutte efficacement contre l’étalement urbain. Car c’est cet étalement, cette hyper-spécialisation des espaces qui allonge les distances à parcourir et conduit à rendre, pour beaucoup, la voiture indispensable.

Contrairement au discours résigné des élus du Grand Troyes, des mesures existent donc bel et bien pour réduire la pollution. Elles nécessitent du temps, mais surtout exigent de se fixer des objectifs précis sur la ville que nous voulons voir demain. Un tel changement, si profond, passe, cela va presque sans dire, par un renouvellement des élus en place, trop longtemps installés. Et ce renouvellement, c’est dimanche qu’il se décide.

Notes

[1Citation d’Edgard Faure

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Mis à jour le samedi 5 décembre 2015