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Redonner vie au Centre-Ville de Troyes

Le Centre-Ville de Troyes souffre. Face à cette situation, nos élus rejouent la même partition qui, inexorablement, conduit le Bouchon à sa lente agonie. Pourtant, les solutions existent. Elles passent par le retour à de vraies politiques écologiques. Elles passent, surtout, par un nouveau courage politique capable de changer le modèle d’urbanisme.

C’est la vie même du cœur de Troyes qui s’étiole

Le Centre-Ville de Troyes va mal. Jour après jour, les articles de la presse locale dressent un triste inventaire de la situation de son commerce. La Bourse du Travail qui devait servir de locomotive, restera fermée pendant, sans doute, de longues années. La rue du Général de Gaulle se vide de ses commerçants et de sa vie. La Tête du Bouchon voit aussi ses boutiques baisser les rideaux sans que personne ne puisse rien y faire. Même la rue Zola voit apparaître des pas-de-porte déserts. Bref, Alain Carsenti, l’ancien conseiller municipal que j’ai souvent brocardé, avait fait le bon diagnostic. Celui d’une lente agonie du Centre-Ville.

Car au delà même du commerce, c’est toute l’activité du Bouchon qui décline. Derrière les belles façades, les quais rénovés, les rues piétonnes, c’est la vie même du cœur de Troyes qui s’étiole et ses habitants qui le quittent. Les responsables politiques semblent impuissants. Hormis quelques vieilles recettes éculées, une opération de communication par ci par là, nos élus ne parviennent pas à endiguer un phénomène qu’ils observent de trop près.

L’étalement urbain vampirise l’activité des quartiers anciens

La situation demande de prendre de la hauteur. Elle nécessite d’observer l’ensemble de notre urbanisme à l’échelle de l’agglomération et non à rester le nez collé sur deux ou trois places de stationnement réclamées par les commerçants. La population du Grand Troyes est stable et son pouvoir d’achat aussi atone que celui des autres Français. Pourtant, le paysage urbain change. Ici, comme dans beaucoup d’autres agglomérations françaises, l’étalement urbain dévore les espaces périphériques. Il se caractérise par le développement de vastes zones pavillonnaires, accompagnées par la construction de grands centres commerciaux. A population constante, à pouvoir d’achat équivalent, cette modification radicale de l’urbanisme a d’évidentes conséquences sur le reste de la ville. Grosso-modo, les habitants quittent les quartiers urbains anciens, dont le Centre-Ville, et les commerces suivent le même mouvement. Ainsi, les périphéries aspirent l’activité et la vie des centres et des faubourgs anciens. Le visage de l’urbanité change et conduit à la transformation du Bouchon en un musée, fort bien rénové, agréable, mais désespérément vide.

Dans ce contexte, les actions de nos élus équivalent à placer des seaux, de plus en plus nombreux, sous une toiture qui prend l’eau de toute part. Dit autrement, les mesures de promotion du commerce du Centre Ville n’auront pas plus d’effet qu’un discours de François Hollande. Car dans le même temps, nos responsables locaux soutiennent encore et toujours l’apparition d’un « be-green » ici, d’un centre Leclerc ailleurs et distribuent, à “tire larigot”, des permis de construire pour des lotissements toujours plus nombreux.

Renouer avec les politiques urbaines

Il ne s’agit pas d’interdire totalement et définitivement la construction de maisons individuelles. Il s’agit de reprendre la main sur l’urbanisation pour rééquilibrer un développement qui aujourd’hui, semble anarchique. Il s’agit d’abord de faire revenir des habitants au cœur de la ville, car les premiers clients des commerces de proximité sont ceux qui vivent dans le quartier. Les possibilités foncières existent. Elle sont même nombreuses. 17 % des logements du Centre-Ville sont vides. A ce chiffre s’ajoutent les friches comme celle de la Bourse du Travail, celle de l’ancien commissariat, celle de Fra-For, demain celle de la clinique des Ursulines et surtout celle de l’avenue de Chomedey où doit, depuis plusieurs années, s’installer un éco-quartier. C’est pour ce dernier exemple que l’on mesure l’impuissance ou le manque de volonté des responsables locaux. Comment peut-on expliquer la rapidité avec laquelle se développent les projets de zones pavillonnaire et la lenteur extrême pour voir émerger cet éco-quartier ? C’est pourtant par ce retour des habitants en centre-ville que l’on pourra redynamiser l’ensemble de ce quartier.

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Mis à jour le samedi 5 décembre 2015