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Un incinérateur près de chez vous ? Dites non.

Les élections départementales approchent. Dans cette campagne un peu terne, un sujet brûlant est soigneusement évité : le projet d’incinérateur de déchets.

Concrètement depuis 2012, le Conseil Général avance à couvert pour imposer la construction d’un incinérateur de 60 000 tonnes, vraisemblablement dans l’agglomération troyenne ou à ses abords. Plusieurs délibérations ont déjà été votées, évoquant, plus ou moins ouvertement, ce projet. Une enquête publique, sur un sujet annexe, en fait également mention. Rien n’est encore définitivement actée, mais pas après pas, le Conseil Général tente d’entériner une idée funeste, coûteuse, inutile et dangereuse sans jamais en avoir débattu publiquement.

Des pollutions considérables aux portes de l’agglomération troyenne

Funeste ? Le mot n’est pas trop fort. Car il s’agirait de brûler chaque jour, aux portes du Grand Troyes (sans doute même dans son périmètre), pas moins de 160 tonnes d’ordures par jour !! Même si d’indiscutables progrès ont été faits en matière de filtres, une tel four produira de nombreux polluants. Pour reprendre les données du site de la CNIDD, pour une tonne de déchets brûlés, ce sont 6 000 m3 de fumées qui sont produites, 300 kg de machefers et 40 à 80 kg de résidus d’épuration des fumées (sans parler des effluents liquides et autres joyeusetés). Et voilà ce que ce charmant barbecue produirait chaque jour :

Déchets brûlés 1 tonne 160 tonnes
Fumées 6 000 m3 960 000 m3
Machefers 300 kg 48 000 kg
Résidus d’épuration 40 à 80 kg 6 400 à 12 800 kg

Je laisse à chacun le soin d’apprécier le bonheur qui sera celui des riverains choisis pour voir s’implanter ce monstre de feu et d’acier.

Un coût économique et écologique

Mais le problème ne s’arrête pas à ces pollutions excessivement dangereuses pour notre santé et notre environnement. Un tel projet met aussi en péril tous les efforts faits pour réduire, valoriser et recycler nos déchets. Notre département produit environ 88 000 tonnes de déchets par an, bien assez, me direz-vous, pour alimenter cette usine. Sauf que la tendance est à la baisse. Une baisse nette, sensible et durable qui s’explique par les efforts des industriels et par un tri de plus en plus efficace [1].

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En prolongeant simplement la tendance observée depuis presque dix ans, la production de déchets sera, vers 2032, inférieure aux capacités de ce four. Mieux : si la mise en place de la redevance incitative donne les effets observés ailleurs, c’est vers 2025 que nous devrions passer sous cette barre de 60 000 tonnes. Autrement dit, cet incinérateur sera très vite surdimensionnée. Ces projections « tendancielles » dont nos élus n’ont manifestement pas voulu tenir compte pourraient avoir deux conséquences majeures :

- Nous laisser sur les bras, à court terme, un four surdimensionné, coûteux par l’investissement initial prévu (plusieurs dizaines de millions) ; coûteux par les charges fixes liées à son fonctionnement ; coûteux, finalement, pour les contribuables qui devront compenser ces pertes inévitables.
- Créer un monstre si affamé de déchets qu’il faudra le nourrir de matières recyclables. Toutes les associations environnementales, appuyées par un rapport de la cours des comptes, le disent : les incinérateurs, très souvent surdimensionnés, fonctionnent comme des «  aspirateurs à ordures » et mettent à mal toutes les politiques de réduction de nos déchets.

En résumé...

Un investissement de plusieurs dizaines de millions d’euros, des conséquences environnementales, économiques et sociales potentiellement gravissimes, une remise en cause de toutes les politiques de prévention des déchets… voilà les nombreuses raisons qui font de cette question l’un des enjeux majeurs de la campagne des élections départementales. Pourtant, à ce jour, très peu de candidats ont pris position sur ce sujet. A part, les écologistes, farouchement opposés à ce projet, beaucoup préfèrent jouer la montre, faire l’autruche, botter en touche. Bref, c’est « courage, fuyons ! » dans le paysage politique aubois face à un sujet qui nous engage pour au moins 2 générations.

Notes

[1En 2007, les aubois produisaient près de 100 000 tonnes d’ordures par an, contre 88 000 en 2014

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Mis à jour le samedi 5 décembre 2015